80 ans de kinésithérapie : une profession à défendre, un avenir à construire
Fêter les 80 ans de la kinésithérapie, ce n’est pas seulement regarder le chemin parcouru. C’est aussi nous demander quelle profession nous voulons construire pour les prochaines années.
Lors du 63e Congrès national de la FFMKR, organisé à Metz, les représentants de la profession ont dressé un constat clair : les défis de demain ne pourront pas être relevés avec l’organisation d’hier. Accès aux soins, formation, reconnaissance de l’exercice libéral et négociations conventionnelles ont été au cœur de trois journées tournées vers l’action.
Fêter les 80 ans de la kinésithérapie, ce n’est pas seulement regarder le chemin parcouru. C’est aussi nous demander quelle profession nous voulons construire pour les prochaines années.
Réunis à Metz à l’occasion du 63e Congrès national de la FFMKR, les représentants syndicaux et ordinaux ont partagé leurs analyses autour d’un thème central : « 80 ans de la kinésithérapie. Une profession à défendre, un avenir à construire. »
Un anniversaire symbolique, mais surtout un moment de réflexion collective face aux transformations profondes du système de santé.
Quatre chantiers déterminants pour notre avenir
La table ronde prospective, intitulée « La kinésithérapie, une profession d’avenir depuis 80 ans », a réuni les présidents de la FFMKR, du SNMKR, d’Alizé et du Conseil national de l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes.
Au-delà des différences de rôle et de sensibilité, plusieurs priorités communes se sont dégagées.
1. Améliorer l’accès aux soins
Le vieillissement de la population, l’augmentation des maladies chroniques et les inégalités territoriales renforcent les besoins de prise en charge, de prévention et d’accompagnement.
Présents au plus près des patients, les kinésithérapeutes disposent de compétences essentielles pour répondre à ces enjeux. Leur rôle doit être pleinement intégré dans l’organisation future du système de santé.
2. Faire évoluer la formation
L’évolution des besoins de santé et des responsabilités professionnelles suppose une formation adaptée, aussi bien au début du parcours qu’au cours de la vie professionnelle.
Préparer l’avenir de la profession, c’est permettre aux kinésithérapeutes de développer leurs compétences et de faire reconnaître leur expertise.
3. Clarifier la place des kinésithérapeutes dans le système de santé
Prévention, rééducation, maintien de l’autonomie, accompagnement de l’activité physique : la kinésithérapie intervient à toutes les étapes du parcours de santé.
Cette place doit être mieux comprise, mieux organisée et mieux reconnue par les pouvoirs publics comme par les autres acteurs du soin.
4. Reconnaître pleinement l’exercice libéral
La profession ne pourra répondre durablement aux besoins de la population sans conditions d’exercice viables.
La reconnaissance du rôle des kinésithérapeutes doit donc s’accompagner d’une prise en compte concrète de leurs réalités économiques, organisationnelles et territoriales.
Un manifeste pour passer des constats à une vision commune
Le Congrès a également été marqué par la présentation d’un livre blanc et d’un Manifeste de la kinésithérapie.
L’objectif est de poser une vision structurée pour les prochaines années et de donner à la profession une base commune pour défendre ses propositions auprès des institutions.
Dans un système de santé sous tension, les kinésithérapeutes ne doivent pas uniquement s’adapter aux décisions prises pour eux. Ils doivent pouvoir participer pleinement à leur élaboration.
L’intervention à distance de la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, à l’occasion des 80 ans de la profession, a rappelé l’importance du dialogue avec les pouvoirs publics. Ce dialogue doit désormais produire des avancées tangibles.
Une demande urgente de négociations conventionnelles
Parce que l’avenir de la profession se joue aussi dans les conditions d’exercice quotidiennes, les représentants réunis à Metz ont adopté une motion demandant l’ouverture urgente de nouvelles négociations avec l’Assurance Maladie.
Cette demande vise à défendre les tarifs, les conditions d’exercice et, plus largement, la capacité des cabinets à continuer d’accueillir les patients dans de bonnes conditions.
Défendre les kinésithérapeutes libéraux ne s’oppose pas à la défense de l’accès aux soins. Les deux sont étroitement liés : un système de soins durable suppose des professionnels reconnus, entendus et en mesure d’exercer leur métier dans des conditions soutenables.
Les échanges engagés avec les conseillers de la Première ministre et de la ministre de la Santé permettent de porter ces enjeux au plus haut niveau institutionnel. La FFMKR restera mobilisée pour que ces discussions débouchent sur des décisions concrètes.
Du Congrès national à l’action en Haute-Savoie
Les orientations nationales n’auront de force que si elles s’appuient sur les réalités vécues dans les territoires.
Accès aux soins, prévention, évolution des compétences, reconnaissance du libéral : ces sujets concernent directement les kinésithérapeutes de Haute-Savoie.
La FFMKR 74 poursuivra donc son travail d’écoute, de représentation et d’action auprès des institutions et des élus locaux. Vos expériences, vos difficultés et vos priorités nourrissent les positions que nous défendons.
Après 80 ans d’histoire, l’avenir de la kinésithérapie reste à écrire. Construisons-le ensemble.
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